Respecter la réglementation n'est pas une contrainte administrative, c'est ce qui vous permet de rentrer chez vous le soir. Chaque entorse au règlement est une porte ouverte au désastre. La sécurité commence là où les raccourcis s'arrêtent.
👓 + 🎧 15min | ✏️ Christophe Collin | 📅 27/12/2025
L’aviation civile a, depuis longtemps, placé la sécurité au premier rang de ses priorités. Tout est fait pour que le transport aérien reste l’un des moyens de déplacement les plus sûrs qui soient. Mais tout est fait aussi pour qu'en cas de problème, l’enchaînement des faits soit établi, les causes identifiées et les décisions correctrices prises. Le but : éviter que cela ne se reproduise. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la Sécurité de l’Aviation civile (BEA), en charge d’analyser les accidents et les incidents graves, est une pièce maîtresse de ce dispositif au service de la sécurité du transport aérien.
Un accident résulte presque toujours d’une imbrication entre plusieurs événements d’ordre technique ou humain. En amont de l’équipage, du contrôleur, du technicien d’entretien, c’est l’ensemble des composantes du système qui sont prises en compte : du rôle des décideurs aux conditions d’exercice de l’activité de chacun.
Suivi systématique de l’entretien et de l’exploitation des appareils, enseignements tirés des enquêtes, diffusion de l’information à tous les intéressés et à l’échelle internationale : c’est ce retour permanent, organisé, de l’expérience acquise qui permet de maintenir la sécurité aérienne à son plus haut niveau.
De la conception des aéronefs à leur maintenance en passant par les procédures définies par les compagnies aériennes, de la formation des équipages à leur relation avec les matériels et les logiciels, chaque élément joue un rôle déterminant dans la recherche de la sécurité optimale.
Qu’il survienne au sol ou en vol, un incident même mineur peut, s’il n’est pas correctement appréhendé, conduire dans un autre contexte, voire sur un autre avion, à un problème plus grave.
Tout événement inhabituel fait l’objet d’une analyse par les compagnies, les constructeurs concernés et l’administration. À chaque étape de la vie d’un avion, constructeurs et compagnies intègrent les enseignements tirés de l’exploitation d’autres appareils ou des enquêtes et recommandations du BEA ou de ses homologues étrangers.
L’amélioration de la sécurité dans le domaine de l’aviation générale est également une préoccupation du BEA qui a mis en place à la fin de l’année 2000 une procédure de « Recueil d’Événements Confidentiels » (REC). Le REC permet l’enregistrement des informations fournies dans une base de données qui garantit l’anonymat du pilote ayant fait une déclaration volontaire d’incident. Cela permet la prévention par le retour d’expérience grâce à la diffusion d’informations pertinentes pour la sécurité.
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Qu'est-ce qui rend un pilote prudent ? www.securitedesvols.aero/productions/culture-aero/qu-est-ce-qui-rend-un-pilote-prudent
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Quelles que soient les pressions ou contraintes environnantes, le doute ne doit jamais subsister. En effet, un lever de doute, parfois chronophage et énergivore, peut permettre la mise en lumière de défauts techniques aux conséquences lourdes.
Ce « bon sens », couplé à l'expertise métier, a permis notamment à un jeune mécanicien d'identifier un défaut de maintenance et de supervision au cours d'un tour avion. Il s'est avéré que ce défaut aura réussi à passer plusieurs filtres de vérification, démontrant que malgré la robustesse des organisations, le risque n'est jamais nul.
La nature même de nos opérations aériennes (Armée de l'air) nous impose d'être toujours prêt à réagir. Face à une grave avarie moteur, un équipage de transport fut obligé de réagir pour éviter une sortie de piste. Pour contrer l'embardée créée par un freinage dissymétrique de ses moteurs lors de l'atterrissage, le commandant de bord doit reprendre les commandes et intervenir avec rapidité et précision afin de récupérer le contrôle puis stopper la machine.
Les actions réflexes du pilote ont ici permis d'éviter l'accident ainsi que de potentiels dommages humains et matériels. Tout en restant humble, il est à noter que le professionnalisme et le sang-froid sont des qualités qu'il convient de cultiver et de valoriser.
Ces connaissances de base ont permis à un jeune pilote de chasse de réagir face à des signes d'hypoxie ressentis en vol. L'application stricte des procédures d'urgence associée à une décision conservatrice de déroutement a permis la sauvegarde des moyens humains et matériels.
La mission en elle-même n'est que reportée sans grave préjudice. Aucun acteur ne remettra en question la décision d'un commandant de bord dès lors qu'il s'agit de sécurité aérienne .
On peut rapidement se retrouver dans une situation dégradée, inconfortable voir dommageable par biais d'habitude ou excès de confiance. Ce fut le cas pour un pilote de chasse lors d'une approche finale après un circuit de piste. Malgré des paramètres de vol non standards (vitesse faible, point de visée court), il décide de ne pas remettre les gaz et de poursuivre l'atterrissage, endommageant la barrière d'arrêt.
Cette erreur de jugement d'un pilote pourtant expérimenté porte sur un acte que l'on pourrait qualifier de "basique" qui a tout de même de fâcheuses conséquences. Cela démontre que toute action, même parfois simple, doit bénéficier d'une attention et d'une vigilance particulière, d'autant plus lors d'une phase critique.
Les comportements professionnels peuvent parfois être influencés par des facteurs sociétaux modernes et engendrer des situations non conformes. L'ultra-connectivité de notre société se retrouve également en environnement professionnel, obérant parfois la concentration des opérateurs au détriment de la sécurité aérienne.
L'exemple frappant de l'utilisation d'un téléphone portable lors du déroulé d'une carte de travail est caractéristique, interrompant la check-list ou la procédure initiée à chaque notification reçue. C'est ainsi que des trappes de visite se retrouvent ouvertes en fin de tour avion sur des aéronefs d'alerte, retardant leur déclenchement au risque d'un échec mission.